Exercice VOLFA 15-2
Préparation opérationnelle majeur pour l'armée de l'air depuis la BA118 de Mont de Marsan.
   Organisé par le CFA (Commandement des Forces Aériennes), VOLFA est un exercice majeur de l’armée de l’air, indispensable à la préparation des forces en vue d’une projection sur un théâtre d’opération.

Le Commandement des Forces Aériennes :
Rappelons tout d’abord en quelques lignes ce qu’est le CFA. Le Commandement des Force Aériennes est le commandement en charge de la préparation opérationnelle de l’ensemble des forces conventionnelles, spéciales et d’appui. Le pôle CFA tel qu’il est connu aujourd’hui est le fruit de la fusion du Commandement du Soutien des Forces Aériennes (CSFA) et du Commandement des Forces Aériennes (CFA). Créé en 2014 et établi sur la BA106 de Bordeaux-Mérignac (ainsi que sur Dijon pour peu de temps encore), le nouveau CFA est constitué d’un état-major, d’un centre de permanence armé H24/365j et de 6 brigades métiers. Il compte environ 24000 hommes et femmes et plus de 500 unités implantées en France métropolitaine, en Outremer et à l’étranger. Le CFA a pour mission la préparation et le soutien opérationnels des forces aériennes dans l’engagement et la durée afin de pouvoir intervenir de façon réactive, coordonnée et adaptée en tout point du globe. Pour cela l’entraînement et la formation des forces ainsi que son soutien lors de déploiements ou d’OPEX (Opération Extérieur) sont primordiales. Dans ce sens, organiser une à trois fois par an un entraînement d’ampleur, tel que l’exercice VOLFA, permet d’atteindre et de maintenir un certain niveau de fonctionnement et de faire travailler les brigades entre elles.

VOLFA qu’est ce que c’est  :
VOLFA est donc un exercice majeur de préparation opérationnelle des forces et est réalisé au profit des unités aériennes et sol. Il a pour objectif de préparer l’intervention immédiate, l’entrée en premier et la projection de force en zone hostile au moyen de la mise en œuvre de missions aériennes combinées dans un cadre tactique complexe appelé COMAO (Combined Air Operation). Afin d’arriver à ces objectifs, plusieurs scénarios très réalistes sont mis en scène lors de ces COMAO et impliquent bon nombre d’aéronefs de types différents et de personnel au sol. Ainsi il n’est pas rare de voir des chasseurs, avions de transport et de détection, hélicoptères, drones et commando mélangés dans une seul et même COMAO. Ces dernières permettent la mise en pratique des principales missions conventionnelles de l’armée de l’air, de la supériorité aérienne jusqu'à la protection des forces en passant par la reconnaissance, l’appui feu, la projection des forces et l’évacuation sanitaire. La partie sauvetage au combat appelé « RESCO » n’est pas traitée lors de VOLFA car elle possède son propre exercice dédié, le CJPRSC. Les scénarios sont montés en fonction des besoins de telle ou telle brigade et rassemblent les objectifs attendus par chacun. Par exemple si un besoin d’entraînement au ravitaillement ou encore à l’évacuation sanitaire est identifié, le scénario prendra en compte ces demandes en intégrant un ravitailleur ou un volet « Evasan » lors d’une COMAO. Le but étant d’identifier les besoins afin de les mettre en pratique lors de VOLFA. Chaque COMAO fait l’objet d’une préparation minutieuse débutée plusieurs semaines avant le déroulement de celle-ci. Elle prend en compte notamment le type de mission, la zone de « travail », les particularités de chaque appareil ainsi que les règles d’engagement. Le jour même, avant le vol, plusieurs heures de travail sont nécessaires à la finalisation de la mission et à cela s’ajoute le débriefing qui interviendra à la suite du vol avec tous les intervenants. Durant les deux semaines de l’exercice, chaque jour deux COMAO, d’une durée d’1h30 environ, sont organisées, l’une en début d’après-midi vers 14h et l’autre la nuit vers 21h30/22h.
Afin d’augmenter le réalisme, les missions s’effectuent dans un environnement de guerre électronique dense, faisant notamment appel à des systèmes de défense sol-air Mamba, des radars ou encore des brouilleurs « Scrib ». L’utilisation de chasseurs dits « ennemis » appelés « Red Force » participe également au réalisme de ces missions. Durant une COMAO, chaque tir est validé en temps réel grâce notamment à la liaison de données Link16 et à la fin de chaque mission, lors des débriefings, tout le déroulement de celle-ci est revu à la loupe avec les équipages. La Link16 permet d’échanger en temps réel et en toute sécurité un volume important d’informations entre aéronefs, troupes au sol ou poste de commandement et de contrôle. Elle permet d’offrir d’un seul coup d’œil une visualisation de la situation tactique au-dessus du théâtre d’opération ou encore d’envoyer directement les images prises depuis un drone vers une unité commando ou FAC au sol. Il est également possible via la Link16 d’intégrer, dans la situation tactique visualisée par l’équipage, des éléments simulés tels des systèmes sol-air ou d’autres aéronefs. Lors des OPEX, la Link16 est devenue un outil tellement indispensable qu’il est maintenant obligatoire d’en être équipé pour pouvoir participer à une campagne aérienne interallié sous l’égide de l’OTAN ou de l’USAF. Dans l’armée de l’air, Mirage 2000D/N/-5 et Rafale en sont tous équipés.

VOLFA 15-2 :
Organisée sur la BA118 de Mont de Marsan du 20 au 30 Avril 2015 et dirigée par le Lt Col Thierry, cette seconde session de l’année, voyait la participation de près de 450 personnes dont 260 rien que sur la plateforme landaise.
VOLFA 15-2 impliquait des commando-parachutistes, du personnel du service de santé des armées ainsi qu’une trentaine d’aéronefs évoluant au-dessus du Massif Central dans un espace appelé « Hadoc » qui est la plus grande zone de France dédiée aux entraînements militaires. Du côté appareils engagés, la « Blue Force » était constituée de 4 Rafale du RC 2/30 « Normandie-Niemen », 4 Mirage 2000-5 de l’EC 1/2 « Cigogne », 2 Mirage 2000N de l’EC 2/4 « Lafayette », deux Mirage 2000D de l’ECE 5/330 « Côte d’Argent » et 3 transports, un C-160, un CN-235 et, uniquement sur la deuxième semaine, un C-130. La « Red Force » rassemblait 4 Alpha Jet de l’ETO de Cazaux, 4 Mirage 2000C de l’EC 2/5 « Ile-de-France » et aussi des Rafale de Saint-Dizier en fonction des scénarios.  Au profit des troupes au sol, un drone Harfang était déployé depuis la base de Cognac et une partie « force spéciale » était également créée sur la BA120 de Cazaux avec C-160 et EC-725 Caracal. Un KC-135 d’Istres ainsi qu’un E-3F d’Avord prenaient part également à l’exercice au profit des « Blue Force ». Dans un souci de sécurité, l’AWACS gérait également la sécurité des vols pour les chasseurs de la « Red Force ». La particularité de VOLFA 15-2 était que tous les moyens, pour ce qui concerne la « Blue Force », étaient colocalisés sur la BA118. Ainsi, préparation, briefing et débriefing de chaque mission se faisaient depuis une seule et même plateforme et augmentait significativement dans le même temps l’efficacité en terme de préparation et de coordination. ​

Mission « Evasan » en Casa :
A la demande des services de santé de l’armée, l’un des scénarios de VOLFA 15-2 était constitué d’une partie évacuation sanitaire, dite « Evasan tactique ». Voici les grandes lignes de ce scénario : Lors d’un accrochage avec des troupes ennemies, plusieurs commandos ont été blessés dont certains gravement. Ces derniers ont été alors évacués du théâtre d’opération vers l’aéroport d’Aurillac via hélicoptère. Vers 17h, un CN-235M-300 configuré pour ce genre de mission décolle alors sur alerte depuis Mont de Marsan vers Aurillac afin de prendre en charge les victimes. Disposant d’un rayon d’action de 2500km et pouvant transporter jusqu’à 8 blessés (dont 2 graves) sur brancard ainsi qu’un médecin et deux infirmiers, le petit Casa est un appareil très apprécié et fort utile pour les évacuations sanitaires. Il est d’ailleurs l’appareil de prédilection de l’armée de l’air pour ce type d’opération. La configuration d’un CN235 en « Evasan » prend à peine plus d’une heure. L’armée de l’air étant engagée au-dessus du Mali et de l’Irak, deux Casa sont en alerte permanente prêts à porter secours à d’éventuels soldats blessés. L’un est positionné à Gao et l’autre à N’Djamena. Il faut préciser que le CN235 n’est pas équipé de moyen d’autoprotection, les pilotes doivent adopter la meilleure tactique afin d’être le moins visible possible et le moins exposé lors de la mission et c’est d’autant plus vrai si aucun chasseur n’est prévu pour ouvrir la voie. En opération, le délai de récupération des blessés est extrêmement variable et tient compte bien évidemment de la situation tactique du terrain à ce moment-là. Mais il faut compter entre 15/20 minutes au minimum. Si l’évacuation sanitaire par avion peut paraître simple, au premier abord, pour les équipes médicales il n’en est rien du tout. A la différence d’une assistance médicale apportée depuis le sol, les équipes à bord du Casa doivent prendre en compte une multitude de paramètres supplémentaires. Parmi ces paramètres il y a les vibrations, le bruit ambiant qui implique d’avoir un regard constant sur les monitorings, l’altitude et la pressurisation de l’appareil jouent par exemple sur les transfusions ou encore les facteurs de charge qui même s’ils sont minimes sur un Casa, n’en restent pas moins réels. La charge de travail pour les personnels de santé, depuis la prise en compte des blessés jusqu’à leur arrivée sur l’aéroport souhaité, est donc très élevée. Pour cette raison, un entraînement régulier comme celui délivré pendant VOLFA est nécessaire. Aujourd’hui, l’armée de l’air met en œuvre une flotte de 19 CN235M-200 et 8 CN235M-300 répartie dans deux escadrons mixtes, les Escadrons de Transport (ET) 1/62 « Vercors » et 3/62 « Ventoux » stationnés sur la BA110 de Creil. A noter que sur les trois appareils de transport tactique aptes aux missions « Evasan »  équipant l’armée de l’air aujourd’hui, seul le CN235 est équipé d’une génération électrique en soute (C-130 et C-160 sont équipés de batteries). Un plus indéniable lorsque comme lors d’une évacuation sanitaire des soins doivent être prodigués de toute urgence pendant un certain temps.

Aux dires des équipages participant à cette session, VOLFA est un exercice très enrichissant dans bien des domaines et notamment dans l’échange des cultures grâce à l’esprit de colocation développé durant les deux dernières sessions. L’exercice démontra également une fois de plus toute l’étendue des possibilités qu’offre la Link16. Bien qu’organisé par l’armée de l’air, VOLFA est ouvert aux autres forces comme l’armée de terre et la marine nationale ainsi qu’aux forces aériennes étrangères. Mais cette année seule l’armée de l’air y participait. Ce qui est étonnant au vu du savoir-faire acquit par les participants durant ces deux semaines.
 
Remerciement au Sirpa Air ainsi qu’aux bureaux des relations publiques du CFA et de la BA118.

Texte & photo : Julien Gernez

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Lockheed C-130H Hercules - French Air Force - ET 2/61 "Franche-Comté"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 2/30 "Normandie-Niemen"

Dassault Mirage 2000N - French Air Force - EC 2/4 "La Fayette"

Dassault Mirage 2000C - French Air Force - ECE 5/330 "Côte d'Argent"

Casa CN235M-300 - French Air Force - ET 3/62 "Ventoux"

Dassault Mirage 2000-5 - French Air Force - EC 1/2 "Cigognes"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 2/30 "Normandie-Niemen"

Dassault Rafale B - French Air Force - ECE 5/330 "Côte d'Argent"

Dassault Mirage 2000D - French Air Force - ECE 5/330 "Côte d'Argent"

Lockheed C-130H Hercules - French Air Force - ET 2/61 "Franche-Comté"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 2/30 "Normandie-Niemen"

Casa CN235M-300 - French Air Force - ET 3/62 "Ventoux"

Dassault Mirage 2000-5 - French Air Force - EC 1/2 "Cigognes"

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Casa CN235M-300 - French Air Force - ET 3/62 "Ventoux"

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Dassault Rafale C - French Air Force - EC 2/30 "Normandie-Niemen"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 2/30 "Normandie-Niemen"

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