La BA120 "Commandant Marzac"
L'historique et les escadrons de la base aérienne de Cazaux en 2013.
Bref historique :
Avant d’être une Base Aérienne, Cazaux était, en 1915, un camp d’entraînement au tir pour les pilotes d’hydravions. Hydravions qu’elle ne recevra qu’en 1916. Le camp fut alors nommé base « école au tir aérien de Cazaux » sous le commandement du Capitaine Marzac. En 1940, devenue école de tir et de perfectionnement, la base fut prise par les Allemands et complètement détruite par plusieurs bombardements alliés. Les Allemands la quittèrent  en Août 1944. En Mars 1945 arriva le Groupement de Bombardement 1/31 « Aunis » équipé de Ju-88 reconstruit par la SNCASE de Toulouse. Il fut dissout après l’armistice en Juillet 1945. En Août 1962, la Base Ecole 706 devint Base Aérienne 120 et en Juillet 1985, elle reçut le nom de baptême « Commandant Marzac ». Suite à la naissance des Forces Aériennes Stratégiques en Janvier 1964, l’Escadron de Bombardement 2/91 « Bretagne » fut créé à Cazaux en septembre de la même année. Les premiers Mirages IV A équipés de l’AN 22 arrivèrent sur place en Avril 1965 afin d’assurer la permanence de la dissuasion nucléaire. En Septembre 1986, arrivèrent les nouveaux Mirages IV P équipés du missile ASMP (Air-Sol Moyenne Portée). Le « Bretagne » tiendra l’alerte jusqu'à sa dissolution en Août 1996. En Septembre 1991 fut créé l'Escadron de remorquage, d'acceuil, de ciblerie, de liaison, d'entraînement et de support (Eracles) 9/120 sur CM170 et Mystère 20. A sa dissolution en Septembre 1998, la mission de remorquage est reprise par la société civile AVdef. 

Les unités navigantes en 2013 :
A ce jour, la BA120 regroupe trois unités navigantes. Deux françaises, une de la force aérienne singapourienne ainsi qu’une antenne de la DGA-EV.

L’ETO :
Après avoir été dissoute à Nancy en 1961, la 8ème Escadre fut recréée en 1964 à Cazaux sur Mystère IV avec les deux Escadrons de Chasse (EC) 1/8 « Saintonge » et 2/8 « Nice ». De 1981 à 1983, la 8 fut transformée sur Alpha Jet E et en Septembre 1995 elle devint l’Ecole de Transition Opérationnelle (ETO). En 2004, il fut intégré au sein de l’Advanced Jet Training School créé en 2003 par les états-majors Français et Belge afin de rationaliser les outils, les besoins et les moyens de formation des deux armées. Dans ce cadre, la force aérienne Belge mit à disposition de l’ETO la totalité de ses Alpha Jet modernisés. L’ETO a pour mission la formation des stagiaires, fraîchement brevetés à l’école de Tour, au métier de pilote de chasse. A travers différents modules d’enseignement des bases du combat air-air et air-sol et après environ une centaine d’heures de vol, les stagiaires pouront rejoindre leur unité de combat et ainsi entamer leur transition sur Mirage 2000, F-1 ou Rafale. Actuellement, le parc avion de l’ETO est composé d’une quarantaine d’Alpha Jet répartis entre le 1/8 et le 2/8. Si un pilote français peut voler indifféremment sur Alpha Jet des deux escadrons, le pilote belge ne vole que sur ses propres avions, tous regroupés au sein du 2/8. Le model E étant une version assez ancienne de l’Alpha Jet, il a été entrepris une importante remise à niveau de ce modèle pour le faire évoluer au plus proche du standard des Alpha Jet belge. Après une série d’expérimentation au CEAM, les premiers exemplaires du nouvel avion sont arrivés au sein du 1/8 dès la mi-2012. Chaque année environ 80 stagiaires français ou étrangers sortent brevetés de l’école de Cazaux. Parmi eux, une quinzaine de futurs pilotes de chasse belges qui rejoindront la Belgique pour y effectuer leur conversion sur F-16.

L’EH 1/67 « Pyrénées » :
En 1962 fut créé le Détachement Permanent d’Hélicoptère (DPH) 3/22 sur la BE706 de Cazaux et vol sur Sikorsky H-34 jusqu’en 1975. En 1972, à la fermeture de la BA119 de Pau, le DPH 3/22 fusionna avec l’Escadron d’hélicoptère (EH) 1/68. En 1974 elle reçut ses premiers SA-319B Alouette III et SA-330 Puma. En 1975, l’unité fut rebaptisée EH 1/67 « Pyrénées » et reçut quelques SE-3130 Alouette II en remplacement des derniers H-34 retirés des effectifs cette même année. Les Alouettes III étant retirées du service en 1990 et afin de diminuer la charge de travail sur les Puma et leurs équipages, l’escadron reçut alors deux AS-555AN Fennec qu’elle utilisa entre 1990 et 1997. En 2006, les tous nouveaux EC-725 Caracal arrivèrent au sein du « Pyrénées ». Les missions de l’EH 1/67 sont essentiellement la recherche et le sauvetage en temps de paix et de guerre, de jour comme de nuit. Mais il lui arrive parfois d’être sur le devant de la scène notamment lors de certaines interventions humanitaires très médiatiques comme lors de la tempête Xynthia en 2010. Le  COS (Commandement des Opérations Spéciales) peut également faire appel au « Pyrénées » pour des missions particulières. L’escadron est aujourd’hui la plus grosse unité d’hélicoptère de l’Armée de l’Air.

Les Falcons :
Suite à un accord signé entre les gouvernements Français et Singapourien, la BA120 accueille, depuis 1998, le 150 Sqn de l’Armée de l’Air Singapourienne. Baptisé «Falcons»,. Cet escadron a pour mission de former les futurs pilotes de la RSAF (Republic of Singapore Air Force) avant leur affectation sur F-15 ou F-16. Le rôle du 150th Sqn est très similaire à celui de l’Ecole de Transition Opérationnelle. A ce jour, environ 120 élèves pilotes ont été brevetés à Cazaux.
Jusqu’en 2012, les « Falcons » volaient sur de vénérables A4SU et TA-4SU Skyhawk. Ces appareils vieux et bruyants ont depuis été remplacés par des Aermacchi M346 beaucoup plus modernes et mieux adapté à la formation. Sur la douzaine commandée par la RSAF, quatre ont déjà rejoint les parkings de l’escadron à Cazaux. Les Skyhawk, eux, sont tous stockés sur la BA120.

La DGA-EV :
Etablissement ne faisant pas partie de l’Armée de l’Air, la DGA-EV (Direction Générale pour l’Armement – Essais Vol) est pourtant installée sur deux importantes bases aériennes françaises, la BA125 d’Istres et la BA120 de Cazaux. La DGA-EV anciennement Centre d’Essais en Vol (CEV) est directement rattachée au ministère de la défense. Elle a pour mission de conduire les essais de développement, de qualification et de certification d’aéronefs militaires et civils, de tous leurs systèmes et équipements ainsi que l’évaluation de la navigabilité de ces aéronefs et la formation du personnel navigant d’essais et de réception. Pour ce faire, elle possède sa propre flotte d’appareils dont plusieurs Mirages 2000, Mystère 20 et Alpha Jet. Elle peut également faire appel aux appareils volants pour d’autres organismes comme l’EPNER ou le CEAM. La base de Cazaux renferme également le CFTSAA (Centre de Formation des Techniciens de la Sécurité de l'Armée de l'Air) qui est l’école de formation des pompiers de l’air. Ce centre forme chaque année 1700 militaires français et étrangers dans les métiers du feu et de la sécurité nucléaire. C’est ici, autour de l’air de feu modernisé en 2006, que sont stockées quelques pépites qui illustrent bien l’histoire de l’aéronautique militaire française d’après-guerre. Jaguar A, Mirage IIIB et R, Paris, N-2501G ou encore Mirage IV A, tous attendent d’être utilisés pour former les futurs pompiers.

Je tiens à remercier le personnel de la BA120, de l’ETO et de l’EH 5/67 pour leur accueil chaleureux et leur professionnalisme.
Texte & photo : Julien Gernez

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