NATO Tiger Meet, Mont de Marsan
Premiers rugissements dans les landes pour les tigres de l'OTAN.
   Organisé  par  l’Escadron  de  Chasse  3/30  « Lorraine », le cinquante-cinquième NATO  Tiger  Meet  s’est  déroulé  du  13  au  24  mai  2019  sur  la  base  aérienne  118  « Colonel Rozanoff » de Mont de Marsan. Une première pour la base landaise qui est aujourd’hui  le  dernier  bastion  des  traditions  Tigres  de  l’armée  de  l’air.  Pour  rappel, le NATO Tiger Meet est un exercice aérien annuel de grande ampleur considéré comme l’un des plus importants rendez-vous tactiques de l’OTAN. Cet exercice rassemble depuis plus d’un demi-siècle les escadrons ayant pour emblème le tigre (étendu, en fait, à tous les félins). Ses principaux objectifs sont d’accroître l’interopérabilité, la transmission du savoir-faire, le partage d’expérience et l’esprit d’équipe entre les différentes nations participantes. Durant deux semaines, près de 50 avions de combat, 2 Awacs, 13 hélicoptères et 1500 militaires, dont 800 étrangers, se sont donné rendez-vous dans le Sud-ouest de la France pour le traditionnel NATO Tiger Meet.

Le Lorraine à la manœuvre :
Première  unité  des  Forces  Aériennes  Françaises  Libres  (FAFL)  en  1941,  le  « Lorraine »  est  aujourd’hui  rattaché  à  la  30ème Escadre de Chasse basé à Mont de Marsan. Cet escadron est composé de trois escadrilles parmi lesquelles figure la célèbre SPA 162 « Tigre », membre de la première heure de la Nato Tiger Association (NTA). La ‘162’ est en effet l’une des trois unités à l'origine de la création du NATO Tiger Meet en 1961. C’est en héritant des traditions tigres de cette glorieuse escadrille que le  « Lorraine » rejoignit, en 2016, la communauté des tigres de l’OTAN, aux côtés de l’ECE 1/30 « Côte d’Argent », lui aussi stationné sur la BA118. C’est ainsi qu’en 2017, l’unité participa à son premier Tiger Meet, à Landivisiau, puis se vit confier la tâche d’organiser l’édition 2019 sur le sol landais. La préparation de cet exercice nécessita de longs mois de travail minutieux de la part du personnel de l’escadron, soutenu par la BA118 et les grands commandements de l’Armée de l’air. Cette préparation se révéla être un véritable challenge puisque le 3/30 devait dans le même temps maintenir un rythme opérationnel élevé avec la formation des jeunes pilotes ainsi que le maintien de la PO sur plusieurs sites en France.
​Malgré ces contraintes opérationnelles prioritaires, l’organisation sut répondre à toutes les attentes des participants. Ceux-ci furent d’ailleurs très satisfaits, et même impressionnés par tout ce qui leur était proposé durant l’exercice. En effet, l’organisation présentait, quasiment un  service clés en main : ainsi, dès leur arrivée, les équipages n’avaient plus qu’à poser leurs affaires puis à prendre part à la première mission, en l’occurrence une COMAO à plus de 40 avions. Aucune phase d’observation ne fut nécessaire. L’autre point fort de ce NTM-2019 fut sans aucun doute son «espace de jeu». L’espace aérien dédié à l’exercice était, en effet, très vaste : il s’étendait au-dessus des terres, du Pays Basque jusqu’aux Sables d’Olonne en passant par Auch, mais également au-dessus de l’océan Atlantique où une très vaste zone, sans contrainte d’altitude et incluant deux volumes de vol supersonique, était disponible. Les étrangers n’en revinrent d’ailleurs pas de ce que l’organisation avait pu leur proposer. Très peu de nations peuvent mettre à disposition un espace aérien aussi étendu pour un exercice international majeur.

Les participants 2019 :
 Bien que cette édition ait été marquée par de nombreuses absences, le cru 2019 rassembla tout de même près de soixante aéronefs provenant de treize escadrons et représentant un total de neuf nationalités : France, Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas et Portugal. Il convient également d’ajouter à cette liste quelques participants extérieurs, visiteurs et observateurs. Les observateurs sont des unités tigres qui, pour des raisons opérationnelles, ne purent participer à cette édition, mais qui souhaitaient tout de même y être représentées afin de pouvoir suivre son déroulement tout en maintenant les contacts et les échanges avec les autres unités. Ces escadrons ne se rendirent sur la base landaise qu’avec un détachement de personnel au sol et sans avion. Parmi ces observateurs, la présence du 393th BS, unité équipée de bombardier furtif B-2A Spirit et membre honoraire de la NTA depuis 1978, fut aussi remarquée que surprenante puisque cet escadron ne se déplace qu’en de très rares occasions. Il faut remonter à 2001 pour trouver trace de leur dernière apparition, là aussi comme observateur. Les visiteurs, eux, rejoignirent la BA118 avec un ou deux aéronefs, mais uniquement pour participer aux festivités du weekend, notamment les "Tiger Games". Ils arrivèrent donc le vendredi et repartirent chez eux dès le lundi suivant.​​​​​​​
Un exercice complet et complexe   :
Les missions conduites lors du Tiger Meet tiennent à aborder tous les aspects des opérations aériennes modernes. Ces missions sont construites autour de scénarios complets, réalistes et évolutifs concoctés par les Airboss, les directeurs de l’exercice. Leur élaboration demande en amont, beaucoup de préparation afin que chaque escadron réalise autant que possible ses propres objectifs d’instruction et d’entraînement. Afin de coller à une réalité opérationnelle, les Airboss intègrent dans leurs schémas de multiples menaces de différentes natures :
     - Sol-air : Escadron Electronique Sol (EES) spécialisé dans le brouillage radio ; systèmes anti-aériens de type Crotale, SAMP-T/Mamba, SA6, SA8 ; frégate de défense anti-aérienne Jean-Bart de la Marine Nationale.
     - Air-air : engagement d’aéronefs Aggressors (les "Red Air") joués par des unités extérieures (Alpha Jet du 3/8) et à tour de rôle par les escadrons tigres eux mêmes (Rafale, F-16, EF-18, Typhoon, Mirage 2000). Emploi d’appareils plus spécifiques comme le Learjet de la société civile allemande GFD, spécialisé dans le brouillage radio et radar.
Durant toute la durée du Tiger Meet, deux tours d’opérations étaient organisés chaque jour. Le premier tour du matin, appelé "COMAO WAVE" était dédié aux missions de type COMAO (COMbined Air Operation). Celles-ci mettaient l’accent sur l’"Entry Force", une capacité socle de l’armée de l’air, qui consiste à pouvoir entrer en premier dans un espace aérien contesté sur un territoire hostile. Les COMAO sont des missions lourdes dans lesquelles sont engagés plus d’une trentaine de chasseurs alliés « Blue Air » contre une quinzaine de « Red Air ». Beignant dans un environnement dense en menace, ces missions voient la participation d'aéronefs de différents types ayant chacun un rôle bien défini ; de ce fait, il s'agit de missions complexes qui nécessitent une planification longue et méticuleuse. Lors d’une COMAO, la partie dynamique de la mission, du décollage au retour des aéronefs, soit environ 2h de vol, ne représente en réalité qu’une partie minime du travail des équipages. C’est la planification de la mission (entre 5 et 8h), le "Massbrief" avant vol (2h) ainsi que le débriefing de fin de vol (entre 4h et 6h), qui demandent le plus de temps.
Le second tour de l’après-midi, nommé "SHADOW  WAVES", consistait à réaliser plusieurs missions basiques à complexes entre ou contre différents types d’aéronefs tout en intégrant des patrouilles mixtes de chasseurs français et étrangers. Ces missions, plus courtes et donc plus rapides à préparer que les grosses COMAO, permettaient de mettre l’accent sur le combat à vue, le CAS (Close Air Support) et le CSAR (Combat Search And Rescue) ainsi que sur la guerre électronique et le brouillage. 
Si les attaques au sol ou les combats aériens étaient simulés, il en allait tout autrement pour le brouillage, qu’il soit radar ou radio. Les spécialistes de l’EES s’en donnèrent à cœur joie, comme nous l’explique le Lieutenant-colonel ‘Marco’, commandant en second du « Lorraine » : "L’EES, je peux vous assurer qu’ils viennent vous mettre un sacré bazar sur les fréquences UHF et VHF que nous avons le droit d’utiliser pour l’exercice. Il arrive même qu’ils viennent nous chanter 'Frère Jacques' à la radio en plein milieu d’un combat air-air. Ou alors ce qu’ils aiment bien faire, c’est enregistrer des parties des ordres donnés à la radio par le ‘Mission Commander’, pour ensuite pouvoir rediffuser ces mêmes ordres à la radio, lorsque la situation tactique a changé. Les équipiers, qui réentendent alors la voix du Mission Commander redonner des ordres complètement faux, n’y comprennent plus rien ! Du coup, on perd un certain temps avant de comprendre que l’on se fait brouiller."
Toutes les missions sont animées et analysées en direct par les Airboss au sein de la DMOC (Division d’aniMation et de distributiOn pour l’entraînement tactCtique) grâce à la visualisation en ‘live’ du déroulement de la situation aérienne. Cela est rendu possible par l’intermédiaire du logiciel JEANETTE qui permet de se connecter sur le même réseau que les avions via la liaison 16. C’est au sein de la DMOC et avec l'aide des officiers chargés de la coordination de la mission (Range Training Officer) que les Airboss peuvent modifier en direct la situation tactique en injectant quelques imprévus au scénario, mais aussi procéder ou non à la validation des tirs afin de retirer les avions ayant été touchés. Ces derniers devront alors rejoindre une zone pré-établie afin d'attendre le feu vert de l’Airboss pour réintégrer la mission. "Avec la DMOC et l’outil JEANETTE, la France à la capacité d’offrir une gestion du ‘live’ que vous ne retrouverez nulle part ailleurs à part peut-être chez les Américains, explique le Lieutenant-colonel ‘Marco’. Cette capacité-là permet de s’approcher encore plus du réel dans le montage des scénarios, de gagner du temps et de rentabiliser le travail des forces bleues, qui est bien meilleur que ce que l’on pouvait faire jusqu’à maintenant."
Bien que l’intensité de ces missions aériennes impose un haut niveau de qualification et d’expertise de la part des équipages, il ne faut pas oublier que l’un des objectifs du Tiger Meet réside dans l’échange et la transmission des savoir-faire. Dès lors, les patrouilles sont constituées à la fois de pilotes expérimentés et de jeunes pilotes tout juste qualifiés pilote de combat opérationnel. Cette mixité représente une formidable opportunité pour ces jeunes à qui l'on offre la possibilité de participer à des missions majeures telles que celles organisées durant cet exercice et de pouvoir travailler en immersion dans un contexte intensif et international et ce, très tôt dans leur cursus de formation.

De la couleur :
Le NATO Tiger Meet est un exercice militaire unique en son genre, à l’état d’esprit bien particulier et aux traditions bien ancrées. Une de ces traditions veut que chaque escadron peigne pour l’occasion au moins un appareil à l’effigie du Tigre, mais plus encore, il faut si possible que la décoration soit en adéquation avec un thème choisi. Cette année et afin de s’associer à la commémoration des 75 ans du débarquement en Normandie, l’EC 3/30 décida de marquer les esprits avec une décoration ‘Tigre’ rappelant l’opération "Smoke Screen" conduite sur les côtes normandes le 6 juin 1944. Durant cette opération, douze Douglas Boston Mk-IIIA du 342nd Squadron (aujourd’hui EC 3/30 «Lorraine») survolèrent au petit matin les plages de Normandie à très basse altitude afin de créer un écran de fumée destiné à dissimuler les troupes amphibies alliées aux forces allemandes. Le Rafale C n°135 (30-GN), porteur de cette magnifique décoration tigre commémorative, prit pour l’occasion le surnom de ‘Dark Tiger’. Nous  reviendrons  plus  longuement  sur  cette décoration dans un prochain article.
D'autres escadrons jouèrent également le jeu. Côté français, on peut noter l'ECE 1/30 "Côté d'Argent" qui décora les dérives d'un Rafale C et d'un Mirage 2000D sur le thème de la série américaine "Game of Throne" et le 3ème RHC qui réalisa une superbe peinture, sur une Gazelle, sur le thème des super-héros. Cette décoration, surnommée "The Roaring Three', en référence au film des Quatre Fantastiques ('The Fantastic Four' en anglais) a été conçu une fois de plus par Régis 'Rage' Rocca et mis en peinture par l'équipe de HB Radical Design. 
Côté étranger, on retiendra les belles dérives des F-16AM portugais et belge ainsi que le très beau Saab 105O¨autrichien, même si cette dernière date déjà de quelques années. Une autre déco qui marqua les esprits fut, sans nul doute, le très beau Tornado IDS de l'AG51 porteur d'une livrée tigre en hommage à Max Immelmann, as allemand de la Grande guerre, aux 15 victoires.

L’esprit Tigre :
Le « Tiger Spirit » tient à fédérer les unités autour de certaines valeurs telles que la fraternité, la cohésion et la transmission des traditions tigres. À cet effet, au-delà de l’aspect opérationnel, ces deux semaines d’entraînement intensif auront été ponctuées par de nombreux rites propres à la communauté des tigres comme lors des jeux sportifs des "Tiger Games" du weekend ou lors de la soirée sketch "Skit Night". Mais le Nato Tiger Meet, c’est aussi l’occasion pour les différents escadrons participants de se mesurer les uns aux autres et de prouver leur "Tiger Spirit" au cours d’épreuves organisées tant en vol qu’au sol. Comme le veut la coutume, c’est lors de la dernière soirée qu’avait lieu la cérémonie de remise des trophées. Le plus convoité d’entre eux étant le très prestigieux Silver Tiger Trophy qui récompense l’unité s’étant le mieux illustré tout au long de l’exercice. Cette année, celui-ci fut remporté par les Portugais de l’Esq 301 « Jaguares ». L’EC 3/30 « Lorraine », grand chef d’orchestre de ce NTM-2019, remporta quant à lui deux trophées dont le Best flying unit, remis à l’unité s’étant le mieux distinguée en opération, et le Best Painted Tiger Aircraft, qui récompense la plus belle décoration sur aéronef. Le ‘Dark Tiger’ et les choumac de l’ESTA 15/30 « Chalosse » peuvent être fière !
À noter qu’au terme de ce Tiger Meet 2019, la 3ème Escadrille d’Hélicoptères de Reconnaissance et d’Attaque (EHR) du 3ème Régiment d’Hélicoptère de Combat (RHC) d’Etain a été officiellement titularisé membre à part entière de la NATO Tiger Association. Ce qui en fait le 24ème « Full member » et la toute première unité d’une armée de terre membre de cette prestigieuse communauté.

Rendez-vous aujourd’hui incontournable, le NATO Tiger Meet est devenu un formidable forum d’échanges. Les liens tissés entre les participants permettent véritablement de faciliter les relations en OPEX. Le Lieutenant-colonel ‘Marco’ conclu : "Pour que ça marche en opération, il faut que les gens se connaissent, qu’ils aient l’habitude de travailler ensemble. Et bien l’esprit tigre et du NTM vient directement abonder dans ce sens, car il permet aux gens de se connaître et de se reconnaître dès l’entraînement. Il n’est pas rare en opérations que nous reconnaissions des voix étrangères à la radio parce qu’on les a croisées pendant le NATO Tiger Meet. Des escadrons Tigres en opérations ensemble, je peux vous assurer que lorsqu’il s’agit de débloquer des situations délicates, sortir un foulard tigre, ça va vous aider ! C’est ça l’esprit Tigre." 
Avec 1300 heures de vol et 943 sorties générés sur huit jours et demi, ce Tiger Meet 2019 aura été un franc succès. Le prochain rassemblement devrait avoir lieu sur la base de Beja, au Portugal, du 11 au 22 mai 2020. Les « Jaguares » remettront alors leur titre en jeu.

Un grand merci au Lieutenant Bruillon, à toute l’équipe du Sirpa Air ainsi qu’au Lieutenant colonel ‘Marco’ pour leur disponibilité, leur efficacité et leur aide à la réalisation de ce reportage. 

Texte & photo : Julien Gernez

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Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Eurofighter EF-2000 Typhoon - Italian Air Force - 36 Stormo / 12 Gruppo

Eurofighter EF-2000T Typhoon - Italian Air Force - 36 Stormo / 12 Gruppo

Aerospatiale SA-342M Gazelle - French Army - 3RHC

Panavia Tornado IDS - German Air Force - AG51 "Immelmann"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Portuguese Air Force - 301 Esq "Jaguares"

Panavia Tornado ECR - German Air Force - AG51 "Immelmann"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Mc Donnell Douglas EF-18BM Hornet - Spanish Air Force - Ala15

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Belgian Air Force - 10 Wing / 31 Sqn

Dassault Dornier Alpha Jet E - French Air Force - EE 3/8 "Côte d'Or"

Eurofighter EF-2000 Typhoon - Italian Air Force - 36 Stormo / 12 Gruppo

Eurofighter EF-2000 Typhoon - Italian Air Force - 36 Stormo / 12 Gruppo

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Boeing E-3A Sentry - NATO Air Force - 1 Sqn

Panavia Tornado IDS - German Air Force - AG51 "Immelmann"

Saab 105Ö - Austrian Air Force - Düsentrainerstaffel

Dassault Mirage 2000D - French Air Force - ECE 1/30 "Côte d'Argent"

Eurofighter EF-2000 Typhoon - Italian Air Force - 36 Stormo / 12 Gruppo

Aerospatiale Puma HC2 - Royal Air Force - 230 Sqn

Panavia Tornado ECR - German Air Force - AG51 "Immelmann"

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Portuguese Air Force - 301 Esq "Jaguares"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Eurofighter EF-2000 Typhoon - Italian Air Force - 36 Stormo / 12 Gruppo

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Belgian Air Force - 10 Wing / 31 Sqn

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Portuguese Air Force - 301 Esq "Jaguares"

Panavia Tornado IDS - German Air Force - AG51 "Immelmann"

Dassault Dornier Alpha Jet E - French Air Force - EE 3/8 "Côte d'Or"

General Dynamics F-16BM Fighting Falcon - Portuguese Air Force - 301 Esq "Jaguares"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Panavia Tornado IDS - German Air Force - AG51 "Immelmann"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Dassault Mirage 2000D - French Air Force - ECE 1/30 "Côte d'Argent"

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Belgian Air Force - 10 Wing

Learjet UC-35A - GFD

Panavia Tornado ECR - German Air Force - AG51 "Immelmann"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Dassault Mirage 2000D - French Air Force - EC 1/3 "Navarre"

Dassault Rafale B - French Air Force - ECE 1/30 "Côte d'Argent"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 2/30 "Normandie-Niemen"

Agusta Bell AB-212ICO - Italian Air Force - 9 Stormo / 21 Gruppo

General Dynamics F-16BM Fighting Falcon - Portuguese Air Force - 301 Esq "Jaguares"

Mc Donnell Douglas EF-18M Hornet - Spanish Air Force - Ala15

Panavia Tornado ECR - German Air Force - AG51 "Immelmann"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Mc Donnell Douglas EF-18BM Hornet - Spanish Air Force - Ala15

Eurofighter EF-2000T Typhoon - Italian Air Force - 36 Stormo / 12 Gruppo

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Portuguese Air Force - 301 Esq "Jaguares"

Panavia Tornado ECR - German Air Force - AG51 "Immelmann"

Dassault Dornier Alpha Jet E - French Air Force - EE 3/8 "Côte d'Or"

Eurofighter EF-2000 Typhoon - Italian Air Force - 36 Stormo / 12 Gruppo

Eurofighter EF-2000T Typhoon - Italian Air Force - 36 Stormo / 12 Gruppo

General Dynamics F-16BM Fighting Falcon - Belgian Air Force - 10 Wing / 31 Sqn

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Panavia Tornado IDS - German Air Force - AG51 "Immelmann"

Eurofighter EF-2000 Typhoon - Italian Air Force - 36 Stormo / 12 Gruppo

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Netherlands Air Force - 313 Sqn

Panavia Tornado IDS - German Air Force - AG51 "Immelmann"

Panavia Tornado ECR - German Air Force - AG51 "Immelmann"

Panavia Tornado IDS - German Air Force - AG51 "Immelmann"

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Belgian Air Force - 10 Wing

Mc Donnell Douglas EF-18M Hornet - Spanish Air Force - Ala15

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Portuguese Air Force - 301 Esq "Jaguares"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Dassault Rafale B - French Air Force - ECE 1/30 "Côte d'Argent"

Panavia Tornado ECR - German Air Force - AG51 "Immelmann"

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Belgian Air Force - 10 Wing

Mc Donnell Douglas EF-18M Hornet - Spanish Air Force - Ala15

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Portuguese Air Force - 301 Esq "Jaguares"

Dassault Rafale C - French Air Force - EC 3/30 "Lorraine"

Panavia Tornado IDS - German Air Force - AG51 "Immelmann"

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